Par Impact Tank | | 07/25/2022

3 questions à : Maud Sarda

Co-fondatrice et Directrice de Label Emmaüs, Maud Sarla dessine avec ses équipes un e-commerce plus inclusif et plus solidaire.

Maud a répondu à nos questions !

Quels sont les projets positifs qui vous ont le plus inspirée dernièrement ? 

Comme beaucoup de personnes, je suis très impressionnée par l’engouement qu’a réussi à faire naître l’initiative Time for the Planet. Réunir en seulement 2 ans plus de 50 000 associés, plus de 12 millions d’euros. J’aime aussi la façon dont ils cassent les codes, osent : par exemple, ils ont fait le choix d’une société commerciale par actions (contrairement à Label Emmaüs qui est une coopérative), partant du principe que c’était le plus efficace pour lever des fonds (ce qui n’est pas faux !). Mais, comme on ne peut pas supprimer les dividendes dans une société commerciale, ils ont écrit dans leurs statuts qu’ils verseraient des dividendes quand le climat serait revenu à son niveau de 1850 ! J’adore !

J’aime aussi beaucoup l’angle d’attaque de Pour un réveil écologique, Bon Pote ou Alerte Greenwashing. Ils montent au front, hackent la communication bien huilée des puissants de ce monde, tout ça avec de l’humour, des chiffres, une radicalité et une expertise implacables. 

C’est quoi pour vous, avoir un impact positif sur la société ? 

Déformation « emmaüsienne » oblige, un impact positif sur la société intègre forcément pour moi une dimension aussi bien sociale qu’environnementale. Il est clair qu’on ne fait pas encore assez pour la préservation de notre planète et du vivant, mais on semble également mettre complètement de côté dernièrement la lutte contre les inégalités sociales…Or, il n’y aura pas de combat écologique sans combat social, sinon c’est voué à l’échec (ce n’est pas moi qui le dis, c’est le GIEC dans son dernier rapport !). 

Faire les 2 est tout à fait possible : à notre petite échelle, avec « start-up sociale », nous montrons que l’on peut être une plateforme numérique, un acteur du e-commerce, vendre de la seconde main, du reconditionné, tout en intégrant une dimension sociale avec 1/3 de notre effectif en parcours d’insertion. 

Il me semble que le monde de la tech doit vraiment se remettre en question car il est très peu inclusif aujourd’hui. 

Enfin, avoir un impact positif, ce n’est pas juste faire un peu de RSE par-ci par-là et que ces actions soient anecdotiques par rapport au business global. Il faut interroger la cohérence globale de son organisation, de sa chaîne de production, de sa politique d’achat, de ses fournisseurs, etc. Et être prêt à faire des choix radicaux ! 

Label Emmaüs va loin : 100% des bénéfices sont réinvestis dans l’outil de travail, l’écart de salaires va de 1 à 3. Évidemment tout le monde ne va pas aller jusque-là… mais il y a certainement un mi-chemin par rapport aux pratiques actuelles du CAC40 dont la rémunération moyenne des dirigeants est 239 fois celle du SMIC… 

Comment redonner goût à l’engagement quand les urgences sociales et environnementales peuvent rendre pessimiste ?  

On ne va pas se mentir, moi aussi il y a des jours où je déprime ! Parfois, j’ai vraiment l’impression que mon travail ne sert à rien ou qu’il n’est qu’une infime poussière. Mais j’ai de la chance, j’ai une nature plutôt optimiste donc ça ne dure pas très longtemps ! Surtout, dans ces moments-là, je me souviens d’une phrase de l’abbé Pierre : « il ne faut pas attendre d’être parfait pour faire quelque chose de bien ». Alors je me replonge dans l’action, du mieux que je peux. Je me dis que notre initiative avec Label Emmaüs est certes petite, mais qu’elle a le mérite d’exister. Elle démontre par l’action qu’un autre modèle est possible, elle peut inspirer d’autres personnes, d’autres collectifs. Elle peut donner de l’espoir. C’est peut-être bateau que de le dire mais à quoi bon vivre sans espoir ? Alors j’agis pour espérer, et j’espère pour vivre. Tout simplement ! 

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