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3 questions à : Frédéric Bardeau

Simplon propose des formations gratuites et certifiantes aux métiers numériques, destinées en priorité à des personnes qui en sont éloignées. Frédéric Bardeau, Président Co-fondateur de Simplon, estime que pour améliorer globalement notre modèle sociétal, il faut réduire au maximum son impact négatif avant de chercher à maximiser son impact positif.

Pour une transition écologique et sociale inclusive, la formation est pour lui un préalable. Découvrez ses réponses à nos questions.

Impact TankQuels sont les projets qui vous ont le plus inspiré dernièrement ?

Frédéric Bardeau De mon point de vue, les initiatives les plus structurantes actuellement sont celles qui fonctionnent sur un mode que j’appelle « justice league » c’est-à-dire qui sont des alliances, des convergences, des consortiums thématiques ou géographiques ou les deux, et qui dépassent les concurrences entre les structures qui sont positionnées sur une même « cause ». Dans ce contexte, le Collectif Mentorat et bientôt celui sur l’orientation ou un mouvement comme Women & Girls In Tech qui s’est récemment à nouveau illustré pendant Vivatech sont exemplaires. Ce genre de posture devrait être la norme dans notre secteur. Personne ne sera jamais assez gros ou à la mesure des problèmes qui sont en face de nous. Seules les alliances entre acteurs de l’ESS et les partenariats publics, privés et non-marchands pourront démultiplier l’impact social, c’est le sens de l’ODD 17 et c’est le sens de l’histoire. Les financeurs, dont l’Etat mais aussi les mécènes et les entreprises dans leurs pratiques d’achat, devraient non seulement privilégier les acteurs de l’ESS mais imposer des consortiums et des alliances afin de démultiplier les effets d’impact positif.

Impact Tank – Pour vous, qu’est-ce qu’avoir un impact positif ?

Frédéric Bardeau Je crois qu’il faut vraiment revenir au bon sens sur ces sujets. Ma femme est médecin et elle me rappelle souvent le « primum non nocere » du serment d’Hippocrate : il faut d’abord « ne pas nuire ». Avoir un impact positif c’est bien mais limiter son empreinte et ses impacts négatifs, c’est encore plus important ! Pour tous les acteurs et pas seulement pour les structures de l’ESS, il est donc très important d’analyser ses impacts à 360°, de faire un bilan carbone jusqu’au scope 3, de regarder toute sa chaine de valeur d’impacts (salariés et/ou bénévoles, fournisseurs, clients et/ou bénéficiaires, etc) et d’avoir une idée claire de là où son empreinte est forte, et d’agir d’abord là-dessus avant de faire de la mesure d’impact positif. Car on peut déployer beaucoup d’impacts positifs sur la société à plein de niveaux – Simplon crée des milliers d’emplois chaque année pour des personnes éloignées ou discriminées – mais cela n’empêche pas que des impacts négatifs sont également là et qu’il faut les réduire « à impact positif constant ». C’est particulièrement vrai au plan écologique car on voit se multiplier des solutions, notamment numériques, mais on ne calcule pas leur impact négatif et on se préoccupe encore moins des effets rebonds qui sont associés aux optimisations rendues possibles par les solutions. 

Impact Tank – Quelle est la place de la formation pour tendre vers un secteur numérique inclusif ?

Frédéric Bardeau L’éducation et la formation sont des leviers très puissants à tous les niveaux. Pour changer des pratiques, faire évoluer les stéréotypes, fluidifier l’adéquation entre les besoins en compétences et en emploi du marché du travail d’une part et les personnes en recherche de qualification et d’emploi d’autre part, la formation et notamment la formation professionnelle est non seulement clé mais surtout un préalable. On ne peut pas parler de transition écologique et sociale sans parler formation car il en va de la « gestion prévisionnelle » des emplois et des compétences, des vases communicants entre les métiers obsolètes ou à rendre obsolètes car ils participent du « monde d’avant », et les métiers déjà pénuriques et ceux qui doivent le devenir parce que cela va accompagner le changement de la société et de son économie (industrie du vélo, de la voiture électrique, de l’agriculture à impact positif, etc). On dit souvent que « éduquer ce n’est pas remplir un vase mais allumer un feu », aujourd’hui il faut plutôt se dire qu’il faut éteindre le feu par l’éducation, et ça ne se passera pas « contre » l’Education Nationale ou « à côté » mais avec et dans le monde éducatif et de la formation professionnelle publics car c’est le seul moyen de déployer des solutions inclusives, à l’échelle et gratuitement, et donc à embarquer tout le monde en même temps sans créer une société à deux vitesses. 

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